Photo aérienne et vol en immersion


Le vol en immersion est un activité à part entière en aéromodélisme. On trouve maintenant beaucoup de solutions prêtes à l’emploi, mais l’accès à cette discipline nécessite toujours un investissement personnel important pour pouvoir comprendre ce qu’on peut en espérer. Je fais part ici de ma maigre expérience en vol en immersion avec photo aérienne.



Pour moi, il y a deux approches principales :

  • celle du pilote : l’attente est pouvoir piloter son modèle comme s’il était à bord, avec un maximum de réalisme visuel. L’absence de danger permet toutes les fantaisies qu’on peut imaginer : combat, vol de patrouille, précision, défis en tout genre comme passer à 10 cm du sol entre deux arbres, 3D débridée, … L’enregistrement du vol est un plus, mais ce n’est pas le but premier. Les vidéos sont souvent intéressantes, mais beaucoup moins que lorsqu’elles sont vécues en direct.
  • celle du photographe : le photographe souhaite avoir un modèle très stable pour admirer le paysage sans avoir à trop gérer les paramètres de vol. Le modèle pourrait souvent être piloté par un débutant. Le but n’est pas ici de rechercher les montées d’adrénaline. Le photographe n’hésitera pas à faire 10 fois le tour d’une scène pour obtenir le meilleur cliché ou le meilleur angle pour cadrer une vidéo. Le but est bien de ramener au sol un maximum d’images ou de vidéos intéressantes.

On peut bien sûr combiner un peu des deux, mais l’approche est quand même conditionnée par le choix de l’équipement.

Quelques critères

Le poids du système FPV

Le poids est un critère très important pour le pilote afin de ne pas trop grever les performances d’un modèle de taille raisonnable. Le photographe pourra facilement faire un compromis sur 50 ou 100g au risque de perdre un peu d’autonomie.

L’OSD

L’OSD est surtout utile pour connaitre la tension de ses batteries et sa distance au point de départ (grâce à un GPS). C’est à mon avis moins utile pour le pilote qui vole probablement plus près de lui et peut mieux « sentir » son modèle.

La portée

Le photographe sera tenté d’aller plus loin et plus haut alors que le pilote pourra se contenter d’un espace de vol plus réduit comme un stade ou un champ.

La stabilité

Ce n’est pas ce que recherche le pilote, au contraire même. Le must pour le photographe sera un modèle qui tient tout seul en l’air voire qui tient une position fixe.

L’enregistrement

Le photographe devra obligatoirement enregistrer ses photos ou vidéos en vol pour avoir une qualité d’image maximale. Le pilote ne s’encombrera pas d’un tel système et préférera plutôt un système d’enregistrement au sol quitte à avoir quelques parasites.

Lunette ou écran ?

Le photographe pourra se contenter d’un simple écran pour cadrer ses clichés. Le pilote retrouvera plus de réalisme avec des lunettes LCD.

APN ou caméra FPV ?

Le pilote pourra se contenter d’une résolution VGA avec de petites caméras légères adaptées à toutes luminosités (plein soleil ou pénombre). Le photographe prendra au minimum un APN avec carte mémoire et sortie vidéo, pas forcément très performant en taux de rafraichissement, en retard de transmission vidéo ou en faible luminosité. La coupure d’image momentanée lors d’une prise de vue est tout à fait gérable sur des modèles à comportement prévisible.

Une plate forme idéale:  le quadrirotor

Avec le quadrirotor de Mikrokopter, j’ai choisi d’emblée l’approche du photographe.
En toute objectivité, un quadrirotor est pour ma part peu intéressant à piloter comparé à d’autres avions/planeurs ou hélicoptères.
En revanche, pour du vol photographique c’est une (peut être la) plate forme idéale :

  • avec son option GPS, on peut le fixer à un point précis dans l’espace
  • le verrouillage de cap est parfait avec l’option compas magnétique
  • on peut bloquer son altitude
  • on peut translater dans toutes les directions, c’est très intéressant pour pouvoir ajuster un angle
  • moins dangereux et moins couteux en maintenance qu’un hélicoptère à pas variable
  • il est très stable même avec un peu de vent

On pourrait faire de la photo sans faire de vol en immersion, mais c’est le seul moyen d’avoir un cadrage convenable. C’est la raison pour laquelle il est aussi plus pratique d’avoir le retour vidéo provenant directement de l’appareil photo, et pas d’une caméra jumelle à côté de l’appareil.

En pratique

Avec mon Panasonic FX35 équipé d’un module de déclenchement à distance, j’ai enfin pu faire mes premiers clichés complètement contrôlés.
Premières constatations :
Une partie des photos sont floues (environ 1/4), soit à cause d’une mauvaise mise au point, soit à cause des vibrations du mikrokopter. Les phases de descentes sont par exemple plus perturbées que les phases d’ascension.
Une grande partie des photos est inclinée à gauche ou à droite. On ne peut pas vraiment éliminer ce problème sans passer par une retouche numérique. Dès qu’il y a un peu de vent, le mikrokopter penche d’un côté ou de l’autre pour compenser. Un prochain investissement sera probablement une nouvelle carte permettant l’asservissement en roulis et en tangage avec un OSD indiquant l’horizon. A moins qu’un simple asservissement mécanique pendulaire comme sur le drone MD-400 puisse convenir.

Exemple d’une photo floue

Une photo inclinée

La même, remise à l’horizontal et recadrée par l’excellent logiciel Gimp

Quelques clichés

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  1. #1 by Thomas on 24 novembre 2009 - 14:43

    Bravo pour le retour d’expérience, très intéressant et instructif.

    De mon coté je mod encore le FX35 que je n’arrive pas à faire démarrer 🙁

(ne sera pas publié)